Atténuer les effets de la sécheresse grâce à une bonne utilisation de la terre

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  • Atténuer les effets de la sécheresse grâce à une bonne utilisation de la terre
    19.05.2016 06:57

    Aujourd’hui, le changement climatique concerne le monde entier, mais certaines zones sont plus impactées que d’autres. A l’heure actuelle, l’Ethiopie subit l'une des pires sécheresses en 50 ans. Cependant, une bonne gestion de l'eau peut limiter les effets d'une sécheresse, voire même la réduire au minimum. Certains agriculteurs éthiopiens l’ont bien compris et leurs changements de comportement commencent à porter leurs fruits.

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    L’érosion est le véritable ennemi

    En Belgique, les précipitations tombent de manière régulière et à peu près uniforme. Par le passé, des sécheresses se sont déjà produites mais les sécheresses prolongées sont extrêmement rares. Malgré le relief présent, notamment en Ardenne, l’érosion reste limitée sur notre royaume par rapport à d’autres zones géographiques. Néanmoins, nous pouvons observer chaque année des coulées de boue suite à des orages violents, mais cela n’est rien comparé à des érosions comme en Ethiopie. Là-bas, les pentes sont souvent abruptes et la culture intensive. Lors des pluies, les particules fertiles des sols sont balayées. Ainsi, 130 tonnes par hectare, en moyenne, sont perdus par an. Ceci est comparable à la pire érosion qui a eu lieu sur les zones agricoles des USA lors du dernier siècle.

    C’est une boucle sans fin qui s’aggrave. Lorsque le sol s’érode avec les fortes pluies, l’eau s’évacue rapidement et n’a donc pas le temps de s’infiltrer dans le sol. Ainsi, les sources s’assèchent plus rapidement. Sans eau disponible, les cultures flétrissent et le sol nu est d’autant plus sensible à l’érosion.

    La lutte contre la désertification

    De nombreuses zones se sont transformées en désert et le sol s’est grandement appauvri. En Ethiopie, environ un quart des terres agricoles se sont fortement appauvries et cela affecte un tiers de la population, soit 20 millions de personnes.

    Cependant, il y a eu un changement. Au lieu d’exploiter les terres d’une mauvaise façon, les agriculteurs ont décidé de mieux protéger ce bien précieux. Avec l’aide du projet international « Africa RISING » (Africa Research In Sustainable Intensifation for the Next Generation), ils ont commencé à construire des barrages avec des moyens relativement simples dans les ravins environnants. Ainsi, l’eau coulait moins rapidement, les sols érodés ont été recueillis et, derrière les barrages, l’eau pouvait s’infiltrer dans le sol au lieu de s’écouler.

    Les résultats ont été remarquables. Il y a eu une augmentation de la réserve en eau lors des périodes de sécheresse, ils ont adapté leurs techniques agricoles avec une utilisation sophistiquée des engrais et les agriculteurs ont réussi à doubler leur production depuis le début du projet.

    Evidemment, tout cela ne s’est pas mis en place sans un certain effort. Les agriculteurs ont dû être convaincus qu’ils seraient occupés pendant deux mois chaque année à la construction et l’entretien des barrages ainsi qu’à’ la plantation d’arbres sur les collines.

    Pas de solution miracle

    Il est évident que les résultats restent encore et toujours à la merci des aléas climatiques. S’il n’y a tout simplement pas de pluie, les mesures mises en œuvre ne sont d’aucune utilité. Dans d’autres régions, cette aide est venue (presque) trop tard. Avec cette méthode à succès, la désertification peut être arrêtée et même progressivement mise en recul. Si le paysage est redevenu vert par endroits, les cultures en croissance font évaporer l’eau, créant ainsi un air ambiant plus humide, ce qui augmente probablement la chance d’avoir un peu de pluie durant la saison sèche. Après ces résultats concluants, il  est certain qu’avec un relativement faible investissement et avec un travail acharné, la plupart des zones vulnérables sentiront de moins en moins les effets d’une sécheresse prolongée.

    Sources: MeteoGroup; Nathanael Johnson, Grist; International Center for Tropical Agriculture (CIAT), Save the Children

    Auteur : Nicolas Jorion