Saints de Glace

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    11.05.2016 09:34

    Les Saints de glace

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    Ce mercredi 11 mai est la première journée de période dite des «  saint de glace ». Les saints de glace sont une période climatologique située, selon des croyances populaires européennes du Haut Moyen Âge, autour de saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais, traditionnellement célébrés les 11, 12 et 13 mai de chaque année.

    Ces saints sont invoqués par les agriculteurs pour éviter l'effet d'une baisse de la température sur les cultures, qui pouvait être observée à cette période et qui peut amener du gel (phénomène de la lune rousse (La lune rousse est la lunaison après Pâques. Durant cette période le fait de voir la pleine Lune peut indiquer une nuit sans nuages et donc un risque de gelée nocturne ou au petit jour, qui fait roussir les jeunes pousses des plantes)). Une fois cette période passée, le gel ne serait plus à craindre.

    Quelques dictons en témoignent :

    • Attention, le premier des saints de glace, souvent tu en gardes la trace
    • Avant Saint-Servais, point d’été, après Saint-Servais, plus de gelée.
    • Saints Mamert, Pancrace et Servais sont toujours des saints de glace
    • Saints Pancrace, Servais et Boniface apportent souvent la glace
    • Saint-Servais, Saint-Pancrace et Saint-Mamert font à trois un petit hiver.
    • Aux Saints Glace, celui qui porte la barbe ne la rase pas pendant trois jours

    Cependant, le froid éventuel de cette période ne s’explique pas par les « Saints de Glace », mais bien par la situation atmosphérique ! Effectivement, vers la mi-mai on connait la dernière période de l’année où le refroidissement nocturne, lors d’une nuit de rayonnement par ciel clair, est suffisant pour générer des gelées en plaine (sur les Hautes Fagnes, ce phénomène peut se produire encore plus tard dans l’année).

    Donc, les Saints de Glace sont en fait la dernière période de l’année où des gelées peuvent encore se produire si la situation atmosphérique est défavorable, et non période de l’année favorable aux gelées nocturnes !

    Toutefois, d’autres explications ‘populaires’ peuvent être retrouvées sur plusieurs sites, mais sont fausses. Car, comme on peut le lire sur Wikipédia, « Une explication populaire tente de justifier la tradition des saints de glace par un phénomène astronomique coïncidant à cette période des 12 et 13 mai de chaque année. Les tenants de cette explication avancent que l'orbite de la Terre serait amenée à traverser un nuage de poussières extrêmement diffus dans le système solaire, formé aussi bien par des "particules piégées" que par des "résidus provenant de la formation des planètes à l'aube de leur existence". Pendant quelques heures, la poussière ferait très légèrement obstacle aux rayonnements solaires. La diminution de leur intensité serait inobservable sans instrument de mesure extrêmement sensible, mais suffisante pour influencer les délicats mécanismes de la météorologie de notre globe. La Terre traverserait à nouveau un nuage de poussière six mois plus tard, le 11 novembre, avec l'effet inverse !... Une diffusion du rayonnement solaire sur la Terre en plus du rayonnement direct qui amènerait « l’été de la Saint Denis » (9 octobre) ou « été de la Saint Martin » (11 novembre), appelé aussi l'été indien sur le continent américain.

    Cette explication populaire est infirmée par le fait que les astronomes ne connaissent aucun nuage de poussière de ce type sur la trajectoire de la Terre. De plus, s'il en existait un aussi diffus que le prétend l'explication populaire... il ne serait pas détectable, et ce même avec des instruments très sensibles. Seuls des miroirs de télescopes spatiaux (et les instruments de la Station Spatiale Internationale) seraient pollués par ces poussières, or ce n'est pas le cas non plus. Même le reliquat de queue d'une ancienne comète ayant autrefois croisé la trajectoire de la Terre serait totalement insuffisante pour faire baisser la température de l'atmosphère, ce qui invalide totalement cette suggestion à l'instar de l'absence de pollution des miroirs des instruments spatiaux cités ci-dessus. Par ailleurs une planète (en l'occurrence ici la Terre) ne pourrait pas traverser un tel nuage deux fois par an, de plus à six mois d'intervalle... et de surcroît avec des effets opposés ! »

     

    Finalement, même si la croyance des saints de glace est très populaire et qu’effectivement on peut encore se trouver confronté à des situations atmosphériques donnant lieu à du gel nocturne, on retrouve également dans le passé plusieurs exemples de situations très douces, voire même « chaudes » lors de la période des saints de glace, comme en 1964, en 1969 ou plus récemment en 1998 :

    Le 12 mai 1964, la température maximale sous abri se hissait jusqu’à 28,1 degrés en bord de mer.

    Le 13 mai 1969, il faisait chaud sur le pays. On relevait sous abri 30 degrés à Virton, 30,5 degrés à Zaventem et jusqu’à 31,4 degrés à Louvain. Le 13 mai 1969, il faisait chaud sur le pays. On relevait sous abri 30 degrés à Virton, 30,5 degrés à Zaventem et jusqu’à 31,4 degrés à Louvain.

    Le 11 mai 1998, la barre des 30°C a été atteinte à Uccle.

     

    Quoi qu’il en soit, bien des dictons populaires recommandent d'attendre que les Saints de glace soient passés pour repiquer les plantes en pleine terre. Mais malgré tout, ne vous précipitez pas au jardin car "Quand la saint Urbain est passée, le vigneron est rassuré", ou  "Gelée le soir de saint Urbain, anéantit fruits, pain, vin" et "Mamert, Pancrace, Boniface sont les trois saints de glaces, mais saint Urbain les tient tous dans sa main." Et Saint Urbain,c'est le 25 mai !

    Auteur : Wouter De Geus