Quel minimum de la banquise en septembre 2016 ?

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  • Observations et prévisions des modèles du GIEC sur l'étendue de glace de mer. http://www.hansuniversalis.org/banquise_polaire.html

    Etendue de la glace de mer en 2012 et moyenne (Source : https://nsidc.org/)

    Etendue de la glace de mer annuelle - 2012 - 2016 - moyenne (Source : https://nsidc.org/)

  • Quel minimum de la banquise en septembre 2016 ?
    14.05.2016 09:06

    Chaque année, la courbe de l’étendue de la glace de mer au pôle Nord, ou plus précisément dans le bassin arctique suit une courbe similaire, avec un maximum en fin d’hiver et un minimum en fin d’été. Toutefois, depuis 1979, date à laquelle les premières observations satellites ont débuté, aussi bien l’étendue maximale que minimale ne cessent de diminuer. Entre 1979 et 2011, la banquise a diminué de près de 30 % en été.

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    En été, lorsque que la surface de l’océan est de moins de moins recouverte de glace, ce sont des eaux sombres que l’on peut observer. Or, la part du rayonnement solaire incident qui est renvoyé, appelé albédo, est élevé pour la glace (90%) qui est blanche et est faible pour l’océan qui est d’un bleu profond. Dès lors, en absorbant ce rayonnement, les eaux de l’Arctique se réchauffent d’avantage l’été et prennent plus de temps à regeler l’hiver suivant, qui risque de voir son étendue de glace se formée baisser. L’été suivant part alors d’une situation où les aux libres de glace sont déjà importantes et ce phénomène d’absorption de chaleur par l’eau plutôt que de réflexion du rayonnement par la glace ne cesse de s’amplifier. C’est ce qu’on appelle un processus de rétroaction positive (emballement du processus). On estime qu’un point de non-retour sera franchi d’ans l’intervalle 2010-2020.           

    En 2012, l’étendue de glace de mer – la banquise – située dans le bassin arctique a vu son minimum chuter jusqu’à 3,41 millions de km² d’extension, ce qui correspond à 50% de sa valeur normale. Entre 1979 et 2000, la banquise, définie avec au moins 15 % de glace, s’étendait sur 6,70  millions de kilomètres carrés en moyenne au minimum observé le 13 septembre.

    Le point de non-retour serait-il possible cette année ? Nous ne sommes qu’en début de période de fonte qui va se poursuivre tout le temps de l’été boréal (hémisphère Nord) mais la tendance actuellement observée fait craindre le pire. En effet, au 14/05, l’étendue approche les 12 millions de km², ce qui avait été atteint lors de l’année record de 2012 le 6 juin. Nous avons donc cette année une avance de 3 semaines lors de la fonte. Aux vues de la tendance actuelle, on peut craindre le pire quant à la valeur finale qui sera atteinte mi-septembre 2016. Toutefois, au-delà de la situation observée fin de l’hiver, qui est mauvaise cette année, l’intensité de la débâcle est en partie liée aux conditions météorologiques qui vont survenir sur le bassin arctique durant les prochains mois. De ces conditions dépendent la fuite de la glace de mer par le détroit de Fram (entre Svalbard et Groenland). Il conviendra dès lors  de faire le bilan de cette évolution au fil des mois et des conditions météorologiques qui s’y développent.                    

    Auteur : Nicolas Leurident